QU’EST-CE QUE LE KARATE-DO ?

Le Karate-do est un art martial japonais dont l’origine se situe à Okinawa; île qui a longtemps été un royaume indépendant du Japon. En japonais, le kanji «Kara» signifie le vide, «te» la main c’est-à-dire, la technique que l’on réalise avec la main nue; et «do» la voie. On traduit littéralement par «la voie de la main vide».

Le karaté est basé sur des techniques de percussion utilisant l’ensemble des armes naturelles du corps, comme les doigts, les mains, les pieds, les coudes ou encore les genoux, en vue de bloquer et attaquer ses adversaires.Pour acquérir la maîtrise de ces techniques en combat, l’enseignement comporte trois domaines d’étude complémentaires: le kihon, les kata et le kumite.

Le kihon sont des séries de techniques répétées seul. Ces techniques peuvent être des attaques, des blocages ou également des contre-attaques, montrées par le professeur qui les fait répéter d’un bout à l’autre du tatami.

Le kihon permet donc d’apprendre des techniques de base pour les débutants, et perfectionne l’aptitude à exécuter correctement et avec force la technique pour les initiés.

Le kata (qui signifie «forme») est un combat contre un ou plusieurs adversaires imaginaires (enchaînement codifié de techniques). Il peut se pratiquer seul ou en groupe, et existe dans plusieurs arts martiaux. Dans le style Shotokan (style de karaté fondé en 1938 par Funakoshi père), il existe 26 katas différents.

Le dernier domaine est le kumite (combat). Littéralement cela signifie «grouper les mains», c’est-à-dire travailler en groupe et non plus seul. Le combat peut être prédéfini (kihon kumite), fixé à un nombre d’attaque précis (ippon kumite pour une attaque, sambon kumitepour trois attaques, ou souple ju kumite), ou encore libre (jiyu kumite).


UN PEU D’HISTOIRE…

Il n’y a pas de trace écrite de la transmission des différentes techniques de combat de la Chine à Okinawa, qui est pourtant considéré comme le berceau du karaté, tel qu’il est pratiqué aujourd’hui. En effet, la transmission de la connaissance du savoir de Maître à élève se faisait de manière orale car peu d’entre eux savaient lire. Toutefois, ce dont on est sûr, c’est que ces techniques ont été apportées par les Chinois lors de leur installation sur l’île d’Okinawa.

En 1409, le roi Sho Hashi unifie les territoires d’Okinawa et interdit ainsi la possession, et l’usage des armes par crainte des révoltes populaires. Deux cents ans plus tard, soit en 1609, les armes sont à nouveau confisquées par le gouvernement japonais. Cette interdiction contraint les habitants à développer un mode de combat afin de pouvoir repousser les envahisseurs à mains nues. Ce mode de combat à mains nues, sera inspiré et adapté de méthodes de combat chinoises, reprises sous le nom de Okinawa-Te. « Te » signifiant « main », Okinawa-Te signifiait donc les techniques de combat à mains nues d’Okinawa.

Entre le XVIIIe siècle et le XXe siècle, du fait que la pratique de cet art était interdite par l’occupant japonais, les cours avaient lieu en secret et de nuit, dans des jardins fermés. C’est en réalisant une démonstration devant l’empereur du Japon en 1922, que Maître Funakoshi introduisit le karaté sur l’archipel japonais. Aujourd’hui, il est considéré comme le père du karaté moderne. Toutefois, c’est son fils Yoshitaka qui fut à l’origine du style tel qu’on le connaît désormais car le père et le fils avaient une vision très différente de l’entraînement. Funakoshi père basera principalement son enseignement sur la pratique exclusive des katas, et de ses applications, le bunkai : Il s’opposera toujours au combat libre et à toute forme compétitive. Contrairement à son père, Yoshitaka préférait la compétition et voulait un Karaté avec un esprit semblable à celui qu’on trouvait en Kendo ou en Judo.


 LES GRADES ET CEINTURES

A l’origine, le karaté, ainsi que les autres arts martiaux, utilisait la ceinture que pour tenir le pantalon. Par la suite, il est devenu rapidement courant de différencier le pratiquant initié du débutant, en ceignant une ceinture noire (initié) ou blanche (débutant). De nos jours, une large classification est apparue afin de permettre une meilleure visualisation des progrès accomplis par les pratiquants.

Avant d’arriver à la ceinture noire, il existe 9 kyu (rangs) à gravir, classés par ordre décroisant:

Lorsque le pratiquant aura acquis les bases du karaté, il obtiendra la ceinture noire (1er dan). Ensuite, les dan (niveaux) se succèdent en ordre croissant jusqu’au 10e. Toutefois, il est permis de porter une ceinture à barrettes rouges et blanches à partir du 6dan, et une ceinture rouge ou blanche à partir du 9e dan, pour marquer le fait que l’on ne cesse d’apprendre et ainsi boucler la boucle.

Toutes les écoles ne décernent pas le même nombre de dan maximum. En effet, au départ, l’école Shotokan estimait que le 5e dan est le dernier qui puisse être atteint car Tutsomu Ohshima Sensei a reçu son 5e dan directement des mains de Gichin Funakoshi Sensei avant la mort de ce dernier. Mais maintenant, dans un souci de hiérarchisation dans les différentes fédérations, il est commun d’avoir des 6e, 7e, voire 8e dan.

9e kyu blanche   blanche
8e kyu jaune   jaune
7e kyu orange   orange
6e kyu verte   verte
5e kyu bleue   bleue
4e kyu bleue   bleue
3e kyu marron   marron
2e kyu marron   marron
1er kyu marron   marron

SPORT DE COMBAT ET ART MARTIAL

Même si, actuellement, le karaté se pratique comme un sport par un bon nombre d’adeptes sur la planète, beaucoup de pratiquants ont à coeur le code déontologique du «Bushido» (la voie des techniques du guerrier) et n’hésitent pas à le mettre en avant, dans leur pratique du karaté. À ce titre, le karaté devient un art de vivre et non plus un simple sport, et tend ainsi vers la maîtrise du corps et également celle de l’esprit. Ce code «Bushido» est en fait historiquement le code d’honneur de la caste militaire japonaise des samouraïs. En voici les principales valeurs:

L’honneur (Meiyo)
La fidélité (Chujitsu)
La sincérité (Seijitsu)
Le courage (Yuuki)
La bonté (Shinsetsu)
La modestie (Ken)
La droiture (Tadashi)
Le respect (Sonchoo)
Le contrôle de soi (Seigo)